L'Ancienne Maladrerie

Leprosorium

Afin d’arrêter l’effrayante contagion horrible et héréditaire, de la lèpre, qui s’était répandue en France à la suite des premières Croisades auxquelles prirent part un certain nombre d’habitants de la chrétienté de Nampont, dénommé encore le pays de Nempont au XVème siècle, une maladrerie (qualification dérivée du nom du Patron des lépreux de Saint-Ladre ou Lazare), fut construite vers la fin du XIIIème siècle.

Derrière les hauts murs qui entouraient cette maison de refuge, les pauvres lépreux, errants, sans asile, repoussés de leurs parents et de leurs amis, traqués parfois comme des bêtes fauves, purent du moins vivre tranquilles à l’abri du besoin, et voir arriver sans regret la fin de leur triste existence. Comme tous les malades, ils avaient été relégués hors du bourg, aussi loin que possible, par mesure de salubrité publique.

Ils vivaient dans leur maladrerie de leur revenu personnel, des aumônes, qui se confondaient avec les ressources de l’établissement. Ces moyens de subsistance et les soins les plus indispensables leur étaient assurés, d’abord par le concours de personnes chrétiennes et dévouées jusqu’à la mort, qui composaient une association dite de confraternité et qui s’appelaient en conséquence « frères et sœurs ».

Les lépreux renfermés dans les maladreries étaient assujettis au règlement le plus sévère : « ...Dés qu’un cas de lèpre était constaté, le médecin devait le signaler à l’autorité qui condamnait le malade au séquestre... ». Immédiatement celui-ci était livré au clergé qui l’emmenait à l’église en chantant les psaumes les plus tristes. Arrivé devant l’autel, le malheureux était dépouillé de ses habits et revêtu d’une robe noire, on chantait sur lui l’office des morts et enfin on le conduisait dans la maladrerie.

En liberté, le lépreux ne pouvait entrer dans une église, dans un moulin, ni dans un lieu où l’on cuisait le pain, il lui était interdit de se laver dans les rivières et les ruisseaux, il ne devait toucher aux aliments ou autres objets qui lui étaient nécessaires qu’en se servant d’une baguette. Enfin, il était forcé de porter toujours sa robe noire, et quand il se trouvait soit sur une route, soit à proximité d’un endroit habité, il était obligé d’agiter une crécelle pour avertir les passants de son approche. On avait le droit de tuer celui qui n’aurait pas ainsi signalé son approche !

En 1225, la Commanderie de Conchil-le-Temple comptait une dépendance à Nampont, probablement une maladrerie gouverné par un croisé.

Il est certain qu’elle existait en 1260, puisqu’à cette date, Jean de Nempont, confirme les donations de Gauthier de Nempont, son père, relatives à la maladrerie de Nampont, et ajouta aux revenus des lépreux, 60 journaux de ses bois de Fresnes pour leur chauffage. La maladrerie de Nampont portait le nom de commanderie de Nampont, de l’ordre de Saint-Lazare de Jérusalem. Elle relevait du Prieuré de Rue.

Les finances de la maladrerie étaient si prospères qu’elles lui permirent encore d’acheter, en 1260, à Raimbert de Beaumerie, Vassal du Sire de Nempont, un bois de 100 arpents appelé dans le pays « le bois Raimbert », au prix de 27 livres parisis et à charge d’une vente d’un muid de blé.

En 1261, Enguerrand de Montreuil, Chevalier, Seigneur de Maintenay, confirme la vente d’un hommage faite par Gautier de Nempont au Val-des-Lépreux, moyennant une redevance annuelle d’une paire de gants blancs et d’un cens de 4 deniers parisis. Cet hommage tenu de Gautier par Raimbert de Beaumerie, déjà nommé, portait sur 100 journaux de bois, sis entre le bois Dawe et le marché du Ranquet, ainsi que sur une rente d’un muid de blé que devaient les lépreux et un autre muid de méteil que l’Abbaye de Longvillers avait à délivrer annuellement, pour le bois Huré, à la grange de Ramont, Clémence, la femme du Sieur Nempont, consentit à l’aliénation, à charge transport de ses droits de douaire sur le fief de Mathieu le Brun de Roussent et Jean de Nesles, Comte de Ponthieu, de Montreuil et d’Aubermale, assisté de Jeanne, Reine de Castille et de Léon, sa femme, approuva la vente par lettre du 25 novembre 1271, en qualité de suzerain.

En 1266, acquisition d’Aala, fille de Beaudoin Sanse, de 20 journaux de terres attenants au Quesnoy de Wailly, appartenant à la Maladrerie de Nampont et tenus de Gautier de Nempont et de Guillaume le Marois, d’une autre pièce de terre de la même contenance.

En 1695, par suite de mauvais entretien sans doute, de mauvaise administration, par succession des temps, les biens de la Maladrerie de Nampont dépérirent tellement, qu’ils furent réunis à l’Hôtel-Dieu de Montreuil-sur-Mer et donnés par la suite à l’Hôpital de Rue.

Leper bell

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