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Le Temps des Guerres et de la Paix

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Le 29 juin 1803 (10 messidor An XI), le Premier Consul arriva à Montreuil. A Nempont, il était reçu par le Préfet du Pas-de-Calais, le Sous-Préfet de Boulogne, le Maire d’Hesdin et le Commandant d’Armes de cette commune. Ils lui présentent leurs hommages pour lui assurait de l’attachement des Picards à sa personne.

Le 20 décembre 1803 (28 frimaire An XII), la République fixe par arrêté pour les communes de Nempont-Saint-Firmin et Tigny-Noyelle, les limites formant celles des deux Départements de la Somme et du Pas-de-Calais et le redécoupage de leur territoire respectif.

            En 1810, le Préfet Quinette voulait que le passage de Napoléon Ier et Marie-Louise fût marqué à la limite du département. Il fit élever un arc de triomphe décoré d’aigles, de trophées, de chiffres et d’inscriptions. C’est que Napoléon Ier et Marie-Louise, récemment mariés, effectuaient un voyage officiel dans le nord de la France et avait ordonné le 28 avril dernier, la reprise des travaux de la navigation de la Somme. Partis de Compiègne le 26 avril 1810, ils allèrent visiter le Canal de Saint-Quentin et passèrent sous l’arc de triomphe de Ham le 26 avril, pour le retour, l’arc de triomphe fut démonté et remonté à la limite des Départements de la Somme et du Pas-de-Calais à « Nampont-sur-l’Authie ». Le projet fut réalisé par l'architecte Alexandre Godde.

            On lisait sur l’arc de triomphe tout en haut : « Le département de la Somme »,

Sur la pile de gauche :                                   Sur la pile de droite :

« A Napoléon                                                 « A Marie-Louise

Nous devons à son génie                               Nous devons à ses grâces

Gloire, repos et bonheur                               Nous devons à sa douceur

Nous l’aimons                                                Les plus chères espérances

Comme bienfaiteur                                        Nous l’aimons

Comme un père »                                           Pour son époux

                                                                                   Pour elle-même »

Deux poteaux surmontés d’aigles et placés sur les bords du canal portaient l’indication : « Canal d’Amiens à St-Quentin ».

            Le 26 mai 1810, à deux heures, Napoléon Ier et Marie-Louise s’arrêtèrent donc à Nampont où s’étaient réunis les autorités constituées, les gardes d’honneur à pied et à cheval, tous les membres des députations d’Amiens, et les chefs de légion de la Garde Nationale. M. le Maire présenta les clés à l’Empereur. De jeunes demoiselles offrirent à l’Impératrice les présents d’usage, des biscuits. Le cortège traversa ensuite la ville au pas. Toutes les rues étaient ornées des produits des manufactures, les fenêtres étaient drapées en dehors avec une élégance et un soin qui annonçait le désir des habitants de plaire à leurs augustes souverains.

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            Lors du Plébiscite de 1815 pour l’acclamation de Napoléon, Consul à vie, la commune de Nempont répondit oui par 15 voix.

            De 1820 à 1827, des travaux de dessèchement furent entreprirent, les principaux canaux étaient sur la rive gauche : le Canal d’Argoules puis le Canal de Nampont, drain le plus important du secteur. On avait creusé 400km de canaux, fossés, rigoles, et construit 37 ponts et 34 ponceaux.

            Le 7 septembre 1830, un violent orage éclata sur Nampont; M. Louis Collier, manouvrier, âgé de 62 ans, et son fils, s’étant réfugiés contre une meule, la foudre tomba sur eux. Le père fut tué et le fils fortement ébranlé par la secousse électrique.

M. André-Grégoire Doualle, 33 ans, habitant d’Argoules, éprouvant des coliques légères, s’était transporté le 28 septembre 1833 à Quend, pour y travailler pendant toute la semaine. Sur la route du retour, il se sentit accablé par des coliques atroces. Cependant, recueillant ses forces abattues, il continua et parvint non sans peine et sans aide à gagner Nampont, et descendit chez un nommé Jérôme Brutel, son parent. M. Doualle, atteint des symptômes les plus caractéristiques du choléra-morbus, coucha dans la maison qui lui avait accordé l’hospitalité, y reçut des soins empressés, et se fit, le lendemain, conduire en voiture jusqu’à Argoules, où il arriva le 29 septembre. De retour dans son logis, deux femmes lui offrirent leurs secours, leurs soins, mais infructueusement. Le 3 octobre il mourut.

            Le 5 octobre 1833, Mme Marie-Joseph Poiré, 32 ans, femme de M. Jérôme Brutel, fut prise des mêmes symptômes, la nuit suivante, le choléra-morbus se déclara franchement. Le 9 octobre la femme de M. Brutel succomba. Le 7 octobre suivant, Mme Judith Poiré, femme d’Alexandre Poiré, âgée de 34 ans, sœur de la précédente, fut elle aussi atteinte, elle avait passée un jour et une nuit auprès de sa sœur pour lui donner des soins. Sa maladie fut très violente. Elle fut soignée par son mari.

            Le 16 octobre, Mme Augustine Briois, femme de M. Lorge, âgée de 65 ans, ivrognesse renforcée, 3ème cas atteint des mêmes symptômes, mourut le 17, le 15 octobre, elle avait passée la journée dans la première maison pour laver les linges qui avait servi à la femme de M. Brutel pendant sa maladie. L’enfant des Brutel de 17 mois, éprouva le 17 octobre en partie les mêmes symptômes que sa mère. On le fit vomir, ensuite on lui fit prendre un grand nombre de lavements au lait, ce qui fut suivi d’une guérison parfaite. M. Jérôme Brutel, son père, le plus exposé de tous, n’éprouva pas la moindre altération dans sa santé.

            4ème cas révélé le 18 octobre 1833 : Mme Sophie Delacour, femme de M. Cassin, âgée de 47 ans, atteinte le 18, morte le 20. Elle avait fréquentée Mme Briois pendant le cours de sa maladie. Mme Alexandrine Cassin, âgée de 21 ans, fille de Sophie Delacour, atteinte de dévoiement pendant la convalescence de sa mère, ensuite du choléra-morbus le 23 octobre. Elle fut soignée par M. Briois, Officier de santé à Vron, et guérit parfaitement, malgré les symptômes les plus violents.

            Si M. Doualle avait pu regagner son village, sans s’arrêter en route, la commune de Nampont serait restée très certainement intacte, puisque dans ces contrées, en 1833, aucun village ne fut envahi sans importation préalable.

            Comme dans toutes les communes de France, en 1849 la population masculine majeure put, pour la première fois, aller voter grâce à l’instauration du suffrage universel.

            Le village eut le bonheur de n’être pas occupé par les allemands en 1871. Il fut seulement soumis à quelques réquisitions de fourrages et de viande. Une vingtaine de jeunes gens prirent part à cette guerre. Deux furent tués, un fut blessé et décoré de la médaille militaire.

            En 1878, M. Dimpre trouve une très curieuse ampoule dans la tourbe à Nempont, elle daterait du XIIIème ou XIVème siècle elle a la forme d’une châsse surmontée d’un col rectangulaire à deux anses, elle est ornée de six croix pattées appliquées aux angles supérieurs. Le col est couvert de hachures limitées par trois étages de lignes brisées en zigzags réguliers. Sur le toit, de chaque côté et en dessous des points d’attache des anses, figure une grande fleur de lys.

Sur la face antérieure on voit quatre soldats la tête recouverte du heaume. Celui du milieu, qui parait être le chef, regarde en arrière et tient devant lui un énorme glaive, il semble commander aux deux hommes de gauche qui font le mouvement de dégainer à leur tour de larges épées. Le soldat de droite va couper la tête de deux personnages qui paraissent agenouillés, ils ont les mains jointes et portent une chaine au cou.

            Sur le pignon droit, un soldat, exactement semblable aux précédents, est occupé à trancher la tête d’un troisième personnage également agenouillé, comme les deux autres il a les mains jointes et il porte aussi une chaine au cou. Le pignon gauche, nous montre en outre, un évêque, mitré et bénissant.

            Enfin sur la face postérieure est représentée, entre le soleil et la lune, la Vierge couronnée, portant l’Enfant Jésus nimbé, elle est accostée de deux anges ailés et nimbés qui l’encensent.

            Ce petit reliquaire à l’usage des pèlerins est en étain, mais on peut reconnaitre qu’il était primitivement argenté. La scène représentée pourrait se rapporter au martyre de Saint-Firmin et au culte de la Vierge.

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            M. l’Abbé Thobois, desservant Fouquières-lez-Béthune, fait don au Musée Départementale de la Somme, en 1889, de deux vases en terre noire, de l’époque gallo-romaine. Le premier est une sorte de coupe sans pied, en entonnoir (hauteur de 0,060m, dont 0,025m pour la bordure supérieure et 0,035 pour la partie infundibuliforme, diamètre de l’ouverture 0,180m, diamètre du fond 0,065m). Le second, qui est un vase à liquide, a la panse resserrée vers le milieu, puis plus largement renflée et enfin resserrée pour former col. Comme pied, une sorte de cône tronqué (diamètre de l’ouverture du vase 0,115m, diamètre du fond 0,065m, hauteur du pied 0,025m, hauteur de la première panse 0,060m, hauteur de la seconde 0,070m).

Ces vases ont été trouvés à Nempont, en 1866, dans les terrassements qui ont été faits pour la construction de la maison de M. Deligny. On découvrit, à environ 1,50m de profondeur, l’emplacement d’un ancien cimetière. Dans chaque tombe, le squelette bien conservé était accompagné d’un vase contenant soit une pièce de monnaie, soit des os de volailles. Aucune arme. Les corps avaient été enterrés dans des cercueils dont on a retrouvé les clous.

            Durant la grande guerre de 1914-1918, un soldat anglais H. Bellamy, âgé de 21 ans, a péri noyé, en 1917, emporté par le courant de l'Authie à Nempont.

            En 1945, on découvre à Nampont une entrée bouchée d'un souterrain, dans la cour de la ferme de Melle Bigorne. c'est une ancienne muche qui servit à la population à se réfugier durant les guerres franco-espagnoles des XVIème et XVIIème siècles.

C’est en 1969, grâce à des prospections de surface, réalisées par la Société d’Emulation Historique et Archéologique de Crécy-en-Ponthieu, entre la Plaine de Nampont et la Plaine du Moulin, du mobilier gallo-romain a été mis à jour. Le mobilier provenant de ces ramassages se compose de fragments de tuiles, quelques tessons de céramiques communes non identifiables, ainsi que des tessons de céramique sigillée, décorée ou estampillée.

Durant la même année 1969, une nécropole mérovingienne est découverte fortuitement dans une petite marnière exploitée par les agriculteurs locaux, située à l’entrée du village de Nampont, au lieu-dit la Cavéette. Après autorisation de la Direction des Antiquités Historiques, le nettoyage du front de taille de la marnière a permis le sauvetage de quatre sépultures. Les sépultures sont en terre libre, orientées est-ouest, pieds à l’est. Les fosses, dont la profondeur varie de 0,66m à 1,05m, sont en partie creusées dans le banc de craie du Sénonien. Des rognons de silex encadrent les corps couchés sur le dos. Les objets provenant de cette nécropole : fer de lance, hache, scramasaxe et vase en terre grise, couvrent le VIème et le VIIème siècle. La position du site même de Nampont, dernier passage routier sur l’Authie avant la mer, permet de supposer l’existence en ce lieu d’une importante nécropole.

            En 1980, au mois de juillet, des mini-tornades s’abattent sur Nampont, les cultures de lin sont touchées et de graves dégâts sont visibles.

            Du 2 janvier au 25 avril 2001, la commune subira de fortes inondations et des coulées de boue.

Durant l’hiver 2009-2010, une équipe d’archéologues de la société Archéopole a mis au jour une nécropole à inhumations datée du IVe siècle de notre ère sur la commune de Nempont. Parmi les sépultures fouillées, une tombe féminine richement dotée a livré un collier, des bracelets, des épingles et un objet singulier, un instrument de musique à percussion, dont seuls les éléments métalliques ont été conservés. L’instrument, un sistre à cymbales, présente une facture complexe associant le bois, le fer et les alliages cuivreux. Il se compose de deux manches en bois reliés par une petite chaînette métallique. Chaque manche est évidé de part et d’autre de la chaînette. Ces loges accueillent une paire de cymbales concaves à bords retroussés fixée à l’aide de rivets en fer. Plusieurs éléments de tôles de bronze garnissent les manches.

Suite à une prescription du Service Régional d'Archéologie du Nord-Pas-de-Calais, Archéopole a entrepris une fouille préventive sur la commune de Nempont-Saint-Firmin entre juin et octobre 2009 sur une parcelle de 9 000 m² située Rue du Warnier. Près de 200 structures archéologiques ont étés mises au jour principalement datées entre la fin du IIIe siècle et la fin du IVe siècle. Dans la partie ouest du site, un ensemble cohérent de bâtiments, de puits et de fosses datés de cette période s'articule autour d'une voie secondaire. De nombreux indices suggèrent que ce secteur a été détruit suite à un incendie dans le courant du IVe siècle. Environ 750 objets remarquables ont été référencés dans ce secteur. Le corpus est constitué de 350 monnaies, de clés, de divers outils en fer, d'instruments de soins et de parure, d'éléments de balance, d'objets en alliage cuivreux. Dans la partie centrale de la parcelle, plusieurs réseaux fossoyés partiellement reconnus et mal datés ont pu être identifiés. Ils pourraient être contemporains de la voie. Dans la partie orientale du site, la chronologie des différentes structures reste à préciser. La première phase d'occupation se caractérise par le creusement d'un fossé curviligne (1133) non daté. La deuxième phase intervient bien après le comblement de ce fossé et voit l'implantation d'une nécropole datée de l'Antiquité Tardive. Elle compte 83 inhumations et une incinération ayant donné lieu au déclenchement de procédure de découverte exceptionnelle.

La fouille, réalisée entre novembre 2009 et janvier 2010, concerne une nécropole non décelée au diagnostic regroupant 84 individus (83 inhumations et 1 incinération). La moitié orientale de la nécropole se distingue par des alignements ordonnées en rangées, à la fois sur un axe N-NE / S-SO et sur un axe E / O. La régularité des creusements est ponctuée de rares espaces vides. La moitié occidentale présente des alignements plus lâches et parfois concentrés. Dans une très large majorité des cas, les individus sont inhumés en décubitus dorsal. Ils sont placés chevet au S-SO et pieds au N-NO. Seuls deux inhumés plus tardifs dérogent à la règle. Les architectures funéraires consistent en des aménagements de coffrage en bois avec une répartition complexe des viatiques. Les dépôts sont riches et, a priori, seuls les deux inhumés plus tardifs n'en sont pas dotés. La nécropole et ses 84 sépultures offrent un large panorama sur les pratiques funéraires de l'Antiquité tardive, pratiques rarement observées dans de telles proportions dans le Nord-Pas-de-Calais.

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