Le Temps de la Monarchie

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En 1285, « ...Nampont-sur-Authie... » était un péage entre l’Artois et la Picardie.

Aux XIIème et XIIIème siècles, le fond de la vallée de l’Authie est aménagé en canaux afin d’assécher une partie des marais pour permettre l’exploitation des tourbières et fournir l’osier pour les vanneries.

Nampont subit l’occupation anglaise de 1300 à 1360. En 1311, Edouard III, Roi d’Angleterre devient Comte de Ponthieu. Nampont subit sa domination. Nampont pendant la Guerre de Cent Ans est à ruine et tout détruit et par cela, la plus grande partie des habitants perdirent tout ce qu’ils avaient et se dispersèrent et s’absentèrent du village.

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En 1349, le prix du blé avait quadruplé et ce fut la famine, la plus catastrophique, qu’eut à subir la région. Ces fléaux que sont la guerre et la famine, traînèrent dans leur sillage la peste noire, de nombreux habitants moururent.

Le Baillage de Waben appartient au Ponthieu anglais dont le traité de Calais avait en 1360 stipulé la cession au Roi Edouard III. Nampont et Nempont dépendent de la sénéchaussée anglaise.

En octobre 1360, Jean Le Bon, de passage à Boulogne, fait don à l’Abbaye Notre-Dame de soixante livres annuelles à prendre sur le péage de Nampont.

Une ordonnance du Roi Charles V, de 1374, constate que, sur les 50 ou 60 sols que produisait le péage de « ...Nempont-sur-l’Authie... », 6 livres étaient affectées à l’entretien des deux tronçons de route aboutissant au pont. Willaume de Nempont devait protéger la sureté des chemins, « ...du soleil levant au soleil couchant... ».

Comme presque chaque année, un grand nombre d’Allemands avaient décidé de venir faire un pèlerinage à Saint-Josse-sur-Mer. A cette nouvelle, le vendredi 11 juin 1389, quelques serviteurs de Jean de Montcavrel résolurent de les attaquer à Nempont, que traversaient un chevalier et plusieurs allemands, accompagnés d’un Ecuyer Français Guiot d’Avrech. Les chevaux, l’argent et les biens de plusieurs voyageurs étaient pris et Guiot d’Avrech fut tué par les Allemands.

Le travers de Nampont sera au XIVème siècle donné par le Roi après la bataille de Poitiers aux religieuses de Boulogne.

Jean Trachart, Curé de Nampont, signa les Coutumes de Ponthieu en 1495.

François 1er séjourna dans le château de Nampont lorsqu’il visita les Côtes de Picardie, en 1517. Le monarque reçut, dans une vaste salle du château, les Députés du Parlement et agréa leurs excuses du retard que cette cour mettait à enregistrer le Concordat, qui abolissait la Pragmatique Sanction après leur avoir tenu ce langage sévère : « ...Je sais qu’il y a dans mon parlement des gens de bien et des gens sages, mais je sais aussi qu’il y a des fous turbulents et téméraires ; je les connais, je suis instruit des discours qu’ils osent tenir sur ma conduite. Je suis roi aussi bien que mes prédécesseurs ; je veux être obéi comme eux. Vous me vantez sans cesse Louis XII et son amour pour la justice ; sachez que la justice m’est aussi chère qu’à lui ; mais ce roi si juste a quelque fois chassé du royaume des rebelles, quoiqu’ils fussent membres du parlement ; ne m’obligez pas à l’imiter dans sa rigueur. Si l’on me résiste davantage, j’enverrai les réfractaires à Bordeaux, à Toulouse et plus loin peut-être. J’ai de plus honnêtes gens qu’eux, tout prêts à les remplacer... ».

A la fin du mois d’août et au commencement de septembre 1635, la Guerre de Trente Ans éclata, une division espagnole sous les ordres du Comte de Fressin ayant ses cantonnements à Auxi-le-Château, envahit le Ponthieu et réduisit en cendres les villages de Nampont et de Montigny : « … maisons bruslées, toutes les meilleures et plus grandes, aiant tué plusieurs hommes, femmes et enffans et en pris plusieurs autres prisonniers qu’ils ont emmenez avecq leurs chevaux et autres bestiaux en telle sorte que c’est une désolation entière dans lesdits bourcqs … quand aux autres villages du casté de l’ennemy ils sont presque tout ruynez … villages et fermes ont ésté ruinez, pillez et ravagez par les Croattes et autres ennemis de l’estat, ils ont exercé des cruautez très grandes en plusieurs bourgs et villages… ». Ainsi donc Nampont fut pillé et brûlé par les Espagnols et ce jusqu’en 1636.

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Dans les années 1641, 1642 et 1643, certains villages étaient abandonnés et il n’y avait pas un homme en ces lieux qui eut la hardiesse d’y demeurer parce qu’il n’y avait pas de quoi y subsister. Ils n’y rentrèrent qu’en 1645. Mais en 1654, Nampont sera de nouveau ravagé par les Impériaux.

Devant la durée de la guerre et n’ayant plus de châteaux pour les protéger, sauf dans certains villages comme à Nampont, les habitants décidèrent de creuser des souterrains ou des cryptes afin d’y enfermer tous leurs biens, bestiaux compris. Chacun de ces souterrains, constitué par un puits généralement ouvert dans ou près de l’église, se poursuit par des rues toutes droites, s’ouvrant régulièrement sur des chambres. Les églises étaient un premier refuge facile d’accès où les vives étaient certainement entreposées. La concentration de ces souterrains est manifeste dans la haute vallée de l’Authie, région ayant eu le grand malheur de se trouver située sur les routes directes d’Amiens à Arras, empruntées tantôt par les envahisseurs venus du nord, tantôt par ceux venus du sud. A Nampont, il y avait une entrée bouchée de souterrain dans ce qui était en 1945, la ferme de Melle Bigorgne, un souterrain sous le château et une entrée de souterrain dans un puits de la commune.

Le Père Ignace Le Carlier, Capucin d’Arras, écrivait au XVIIème siècle en parlant de Nampont et de Nempont : « ...On appelle aussi ces deux villages Nampont de cy ou de chy et Nampont de là. Ce sont les deux paroisses à droite et à gauche de l’Authie, traversés par le grand chemin d’Abbeville à Montreuil qui est en cet endroit une chaussée dans le marais pour passer l’Authie. Il y a sur cette rivière une porte et un corps de garde pour empêcher la fraude. Elle est située entre les deux Namponts. Celui qu’on appelle Saint-Firmin, où le curé réside, est à demi-côte et descend dans la vallée. L’autre, qui n’est qu’un secours de Montigny, est entièrement au bas de la montagne. C’est là, sur la rive gauche de l’Authie, du côté de la mer, qu’on trouve un vieux château... ».

Nampont avait déjà son école en 1714.

Par arrêt du Conseil d’Etat du Roi en date du 15 février 1724, le Roi ordonne que le village de Nempont, exempt jusque là de tous les Droits d’Aydes car dépendant de la Province d’Artois, l’exécution de l’Ordonnance des Aydes de 1680 sur la déclaration aux Bureaux de la Régie des Fermes Générales Unies des eaux-de-vie, vins et autres boissons qu’il devrait faire venir, des liqueurs ou des bières qu’il ferait façonner pour leurs provisions à l’exemple du village de Nampont, dépendant du Royaume de France.

En 1724, un entrepreneur picard répare le moulin de Nampont, voici son mémoire : « ...Etat du tras vaile que j’é fait au moulin deu Nampon S Martin apartenant à Monsieur Besquint : Premérement, j’é res tres signe (rétréci) eren chaule, le di moulin ; ezeinte ? e fusiau plus je faite émonté dans chion, plus je monte un porte-quaux (porte-queue) et je rascammos de par plusiaur fois le mieux, plus se je rascommode le monte (montant) de dehore (dehors), cela de desdan (dedans) ; plus je rascommode l’as mail du golier (la maille du golier) plus reste ne, par plusiaur fois las (la quau) du di moulin ; puis fait emonté daux (2) eschaise (échelle) nauf (neuve), plus fait emonté daux corner (de) chau, et rascommosdé lenterny (la lanterne) plus restaure le boute (l’extrémité) plus monté le chine, du pier (pied), plus raschonnolde las couvertue, et aque (avec) un tasquert (taquet) au dit, plus rerdraisé (redressé) le rois (rouet) plus rascommode le moulinez (moulinet) plus fait un chalis (chalit), puis fait un plancher... ».

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En octobre 1725, les greniers à sel de Rue et de Forest-Moutier sont supprimés et le Roi décide de l’établissement d’un nouveau grenier à sel à Nampont. Le ressort dudit grenier à sel est fait de la vente volontaire pour la ville de Rue, de ses faubourgs seulement et de sa banlieue. Le sel d’impôt, est vendu, à raison de 39 livres le minot, et pour le sel de vente volontaire, à raison de 38 livres le minot.

Nempont et Nampont relevaient presque entièrement de la Sénéchaussée de Ponthieu, le reste dépendait du Bailliage de Montreuil comme le précise la liste des lieux ressortissant à ce bailliage en 1741 : « ...Nempont-Saint-Firmin en partie, Nempont-Saint-Martin une maison seulement... ».

Par arrêt du Conseil d’Etat du Roi en date du 4 février 1744, le Roi déboute le seigneur et les habitants du village de Nampont et les assujetties à toutes les impositions qui se perçoivent dans la Province de Picardie. Le Roi révoque la lettre patente à ce contraire de la Province d’Artois.

En 1745, régna dans le Ponthieu dont à Nampont, une épizootie enleva presque toutes les bêtes à cornes des laboureurs.

En date du 7 février 1750, le Conseil d’Etat du Roi maintient le droit de péage par terre par le Doyen de Notre-Dame de Boulogne-sur-Mer au lieu de Nempont afin d’entretenir en bon état le pont et les chaussées par l’Abbaye de Valloires suivant les tarifs suivants : « ...I. Par chariot ou charrette chargé de denrées & marchandifes autres que de bleds, grains, farines & légumes verds ou fecs, deux fols : II. Par perfonne à cheval, deux deniers : III. Par bœuf, vache ou poulain, deux deniers : IV. Par chaque porc, mouton ou brebis, un denier... ».

En 1779, une maladie épizootique a régné dans la vallée de l’Authie suite aux chaleurs très vives des mois de juin et de juillet qui a rendu les Marais de Roussent malsains. La première vache a été attaquée, le 12 juillet, dans les Marais de Roussent. Peu de temps après, une autre péri dans la Paroisse de Maintenay. Le 20 juillet, huit vaches ont été infectées à Roussent. Les Paroisses de Montigny et de Préaux ont bientôt ressenties les atteintes de ce mal contagieux. Nempont a été ensuite attaqué. La maladie s’est étendue à Nampont, le 6 août. Sur la fin de ce même mois, Noyelles a été infecté par la faute d’un particulier qui a mis ses vaches dans la pâture commune de Nampont. On fit le dénombrement suivant :

A Nempont : 95 bestiaux morts, 99 bestiaux guéris, 10 bestiaux malades et 57 bestiaux encore sains.

A Montigny : 43 bestiaux morts, 20 bestiaux guéris, 2 bestiaux malades et 4 bestiaux encore sains.

A Préaux : 56 bestiaux morts, 27 bestiaux guéris, 0 bestiaux malades et 22 bestiaux encore sains.

A Nampont : 33 bestiaux morts, 4 bestiaux guéris, 0 bestiaux malades et 187 bestiaux encore sains.

En 1781, une revendication fut formée contre les communes de Nampont et de Nempont au nom du Comte d’Artois, apanagiste du Comté de Ponthieu. Nampont et Nempont étaient depuis un temps immémorial en possession de marais et de terrains vains et vagues situés dans la limite de leur territoire. Cette revendication était fondée sur la maxime : « ...Nulle terre sans seigneur... », c’est-à-dire sur les droits féodaux qui appartenaient au prince, du moins telle est la prétention des deux communes. Le 22 mai, fut rendu un arrêt du Parlement de Paris qui déclara le Comte d’Artois propriétaire de divers terrains et marais situés sur le territoire de la commune de Nampont, et reconnut à cette commune la propriété d’autres parties de terrains semblables, le tout à la charge de faire procéder à la délimitation de ce qui appartenait à chacun par un conseiller désigné à cet effet. Un autre arrêt du même parlement, rendu le 4 décembre 1783, déclara le Comte d’Artois propriétaire d’autres marais et terrains vagues et vains situés sur le territoire de la commune de Nempont, et reconnut aussi à cette commune la propriété de diverses autres parties de terrains semblables, à la charge également d’un cantonnement.

Le 6 février 1782, M. Mataire, jeune homme d’Argoules, était occupé à détruire des épines dans le bois de l’Abbaye de Valloires. Surpris par un loup, il parvint à se débarrasser de l’assaillant en lui enfonçant dans la gorge le gant fourré qui protégeait sa main et prend la fuite. Le loup s’attaque ensuite au berger de Préaux, ferme voisine, gagne le Bois du Pinchemont, se jette sur des porcs et entraine leur gardien. Des bûcherons viennent au secours de la victime, blessée à la tête et l’emmènent à la ferme du « ...Bodoage... » chez le garde de bois, M. Souard. Celui-ci avec l’aide du fils de M. de La Motte, Capitaine des fermes, à Nampont, se met à la poursuite de l’animal. Ils finissent par l’abattre à coups de fusils.

En 1785, la construction et les travaux d’aménagement du pont en bois à Nampont pour franchir l’Authie couteront 2 063 livres parisis, 11 sols et 7 deniers. A cette époque, Nampont fournissait des bas pour la ville de Paris grâce à ses 50 métiers à tisser.

Le village de « ...Nampont-en-Ponthieu... », voyons-nous dans un mémoire de la collection de Dom Grenier : « ...est un peu au-dessus de l’embouchure de l’Authie. Sur cette rivière on voiioit alors la maison de Pierre Blondel, Seigneur de Fresnes, et la prairie de Villers-sur-l’Autie, sous la juridiction de Rue. Nampont est séparé par l’Autie, en sorte que l’on en fait deux. La mer qui montoit alors jusqu’à l’abbaiie de Dommartin ou de St-Josse-au-Bois, avoit tenu ces deux parties de Nampont assez éloignées l’une de l’autre pour en faire deux villages distincts... ».

 

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