La Seigneurie et les Fiefs de Nampont

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La Seigneurie de Nampont, tenue du Roi en un fief et de la Seigneurie de Nouvion en deux fiefs, consistait en un château, deux fermes, un moulin à vent, 280 journaux de terres labourables, 100 journaux de pâtures, 66 journaux de prés, 20 journaux de bois et 362 livres de censives.

L’Archidiacre de Ponthieu nommait à la Cure.

1335 : Raoul de Bernastre, Ecuyer tenait aussi la Vicomté de Nempont et autres droits de vicomté. Père de Raoulin, Sire de Nempont en 1377, père de N., Dame de Nempont, femme de Payen de Caumesnil en 1417.

1352 : Jehan du Quesnoy, « ...escuyers, sires de Nempont vers Buires... ».

1363 : Fief à Nempont, tenu d’Aleaume de Boufflers, à Hue de Bernastre. Fief des Bois Rouverel de Nempont tenu de Wailly.

10 septembre 1365 : contrat de mariage entre Robert du « ...Kaisnoy, escuyers, au jour demourant à Nempont et sires dudit lieu si comme il dit... », et « ...demiselle Yzabel de Le Porte, fille de noble homme Monsr d’Espy, chlr... ». Isabelle est veuve le 4 avril 1380. De ce mariage naquit :

Jean du Quesnoy, fils mineur de Robert, fait aveu le 24 mai 1373, au Roi, comme Comte de Ponthieu, à cause de sa châtellenie de Waben, pour son fief de « ...Maresquenneterre... », sis à Nempont.

Hue de Bernastre, père de Jean, tient du Roi la vicomté sur un manage à Nempont en 1377. Fief de 60 mesures de marais à l’Authie de Nempont, tenu de Waben, à Jean du Quesnoy, fils mineur de Robert du Quesnoy, Ecuyer en 1377. Fief à Nempont, tenu de Campigneulles, à Nicaise de Latte, dont tiennent en arrière-fiefs audit Nempont, Jean d’Abihem et Colart Maufrera en 1377.

Ce Jean du Quesnoy, Ecuyer, Seigneur de Nempont, fut condamné par contumace, et son fief de Nempont confisqué par le Roi, mais Charles VI le lui restitua le 7 février 1403, moyennant une rente annuelle de 14 livres parisis. L’acte de restitution est du 18 février 1406. Le 18 février 1410, le Roi maintient Jean du Quesnoy dans le droit d’avoir, le 15 mars de chaque année, à cause d’un fief tenu du Roi, une corvée de toutes les charrues qui ont labourées dans l’année à Nempont et à Fresnes, « ...du soleil levant au soleil couchant... », dans la pièce dite le Champ aux Corvées, lui appartenant, à peine pour le défaillant d’une amende de 60 sols.

1400 : Jean de Biencourt, qualifié Seigneur de Nempont, père de Marie, Dame de Nempont, alliée à Josse de Vaudricourt.

1426 : Robert du Quesnoy, Ecuyer.

1454 : Guillaume du Quesnoy, Ecuyer, Seigneur d’Espy et de Nempont.

1464 : Anne de Waudricourt, Dame de Nempont et de Vercourt.

1470 : Guillaume du Quesnoy, Ecuyer. Il lègue Nempont à son neveu.

1474 : la Seigneurie de Nempont appartient à Antoine de Saint-Los et est chargé du douaire de Catherine d’Avelus, veuve de Guillaume du Quesnoy.

10 janvier 1475 : à Montreuil, Antoine de Saint-Lau et Maroye de Waudricourt, sa femme, se dessaisissent des Terres et Seigneuries de Nempont-Saint-Martin, d’Airon, d’Espy et d’un fief à Doudeauville, au profit de Josse de Waudricourt, lui-même héritier de Guillaume du Quesnoy.

21 avril 1476 : Josse de Vaudricourt, paye le relief de ladite seigneurie, tenue de Guillaume d’Estouteville, Seigneur de Nouvion, celui-ci lui accorde la saisine le lendemain.

Josse de Waudricourt, Ecuyer, Seigneur de Waudricourt et de Nampont en 1482, fils de Jehan de Waudricourt et de Marie de La Cauchie.

10 mai 1483 : relief de la Seigneurie de Nampont, tenue du Roi à cause de son bailliage de Waben, par Antoine de Saint-Loch, procureur d’Adrien de Waudricourt, fils de Josse.

1496-1510 : Adrien, Seigneur de Waudricourt, de Nampont et d’Espy. Il fait foi et hommage en 1505 pour la terre de Waudricourt.

Le 20 juillet 1512, Marguerite de Montmorency, veuve d’Adrien de Waudricourt et mère tutrice de Jean, paye le relief de minorité. Le 15 septembre 1514, commission du Sénéchal de Ponthieu pour mettre Jean de Waudricourt en possession de fiefs nommés le fief Jehan d’Avesnes, le fief Jehan de Biencourt et le fief de Maiochq, légués par son père Adrien de Waudricourt, ladite commission à la demande de Jehan de Hallewin, bâtard de Piennes, Chevalier, Seigneur de Peroy, mari de Marguerite de Montmorency, veuve d’Adrien de Waudricourt.

En 1514, le Seigneur de Nempont, à cause de ses seigneuries d’Airon et d’Espy, est aux droits de défunt Guillaume du Quesnoy.

Jean, Seigneur de Vaudricourt, de Nampont et d’Espy en 1539, Ecuyer tranchant du Roi, marié à Hélène de Monchy.

Sa fille, Anne de Vaudricourt, Dame de Nampont, mineure en 1564, fait relief de minorité en 1559 et relief de majorité les 30 juin 1568 et 23 février 1569 pour quatre fiefs tenus du Roi, l’un à Nampont, les trois autres à Arry, elle était alors âgée de onze ans. Morte avant 1585, elle épousa vers 1567 Louis de Monchy, Chevalier, Seigneur d’Inxent et de Ricquemaisnil, Gouverneur de Laon, qui paya à son tour le relief comme mari d’Anne, le 8 novembre 1570, au bailliage de Waben. Ils eurent deux enfants qui possédèrent successivement cette Seigneurie.

Nicolas de Monchy, Ecuyer, relief de minorité, 6 juillet 1585, mort prisonnier de guerre et sans alliance. En 1591, il est sous la garde noble de son père Louis, qui se qualifie aussi Seigneur de Nampont, « ...à cause de son quint héridital et de ses acquêts... ».

Anne de Waudricourt avait légué à son mari, Louis de Monchy, Chevalier, Seigneur d’Inquessen, un quint de la Seigneurie de Nampont-Saint-Martin, dont il fournit le relief le 23 mai 1586. Charles de Monchy, leur petit-fils, réunit plus tard ce quint à la seigneurie.

Fiefs sis à Nampont-Saint-Martin :

La Maison de l’Image Sainte-Barbe : contenant 3 quarterons, tenant à la rue qui mène au petit marais.

Buire-en-Halloy : domaine consistant en 100 mesures de pâtures et bois, où sont bâties deux fermes, 100 mesures de terre à labeur par sole, avec le Bois du Plouy contenant 95 arpents ou mesures.

Canezay : en 1468, le 16 juin, relief payé à Extasse Lamyran, bailli de la Terre et Seigneurie d’Airon-Saint-Vaast, pour un fief nommé le fief de Canezay, séant à Nempont, échu à Jehan d’Ally, Vidame d’Amiens, comme héritier de Dame Ysabeau de Bernastre.

Le Cuisinier : fief à Nempont, mouvant de la seigneurie dudit lieu. Ce fief appartenait à Guillaume d’Ostove en 1575, au Seigneur Ducre en 1700.

Flexicourt : bailliage de Waben, seigneurie tenue du Roi, consistant en une maison de 5 journaux d’enclos, 114 journaux de terre à labour, 4 de bois, 12 de pâtures, 4 de près, censives sur 11 maisons et 100 journaux de terres aux champs, elle rapportait, en 1780, 600 livres de revenu.

Vicomté de Flexicourt : elle appartenait en 1567 au Roi.

Fresne : ce hameau faisait autrefois partie de la paroisse d’Avesnes. La Seigneurie, tenue du Roi en deux fiefs, consistait en un château, 160 livres de censives, 215 journaux de terre labourable, enclos, pâture et jardins, et rentages sur 350 journaux. Ailleurs, on trouve un enclos de 9 journaux, 35 journaux de terre, 80 de près, un moulin à eau et 150 livres de censives.

Fiefs mouvants de Fresnes : le fief de Malaquis, y séant, le fief Obert, y séant, au Seigneur Denty. En 1474, Jacques Augard tient du bailliage de Crécy, un fief séant à Fresne. En 1574, une maison à Fresne est tenue, moitié de Jhérosme de Fertin, Ecuyer, Seigneur audit lieu, de Verron en Ponthieu, d’Advesnes et de Fresne, par 4 sols tournois, « ..ung chappon et une serceille, ung widecocq, et ung verre plein de vin.. » et l’autre moitié tenue d’Anthoine Martin, bourgeois d’Abbeville.

Le Maisnil-lez-Rue : tenu d’Avesnes. Fief consistant en une maison avec enclos de 4 ou 5 journaux, 105 journaux de terres labourables, 6 livres de censives.

Montigny : paroisse, seigneurie consistant en cent livres de censives.

Le Pinchemont : comprenant 400 mesures de bois et une ferme.

La Porte : fief à Nampont et mouvant de la seigneurie dudit lieu.

Les Préaux (Petit et Grand) : bailliage de Waben, paroisse de Montigny.

La Rivière : fief appartenant en 1637 à Antoine de La Croix, Seigneur de La Rivière, qui épouse, le 29 octobre 1637, Gabrielle Dargnies, veuve de Gédéon Bernard, Sergent Royal à cornet de la Forêt de Crécy. Vers 1600, Antoine Dufour se titre aussi Seigneur de La Rivière. En 1660, Sidrac du Four, Ecuyer, Seigneur de La Rivière. 1710, Monseigneur d’Urre de Clenien.

Talmont : le 28 mars 1618, François d’Amerval, Ecuyer, Seigneur de Fresne, inféode au profit de Philippe Le Grand, Ecuyer, Seigneur de Talmont, 45 sols de censives à Fresne et 15 mesures de prés audit terroir, précédemment réunis à la table et domaine de la terre de Fresne, tenue du Comte de Ponthieu, à charge de tenir lesdits 45 sols et 15 mesures en un fief noble de ladite terre de Fresne par 60 sols parisis de relief, 20 sols de chambellage, aides, quint denier de vente, service de plaid une fois l’an à Fresne, et s’appellera ledit fief, le fief de Talmont. Saisine par la Sénéchaussée de Ponthieu, le 26 janvier 1622. Le 15 octobre 1621, ratification par Dame Loyce de Javailhac, femme dudit François d’Amerval. En 1633, Philippe Le Grand, Ecuyer, Seigneur de Talmont et du Boisdoage est Capitaine et Sergent-Major au Régiment de Soyecourt. Novembre 1649, relief par Dame Antoinette Le Bel, veuve de Charles de Warluzel, Chevalier, Seigneur de Béhancourt, nièce et héritière bénéficiaire de feu Philippe Le Grand, Ecuyer, Seigneur de Talmont. Ce fief est vendu en 1713 par Nicolas de Frémont, Chevalier, Seigneur d’Auneuil, à Godart de Beaulieu, avec les terres d’Argoules, de Dominois.

Claude de Monchy, sœur et héritière du précédent, relief du 6 août 1597, elle épouse, le 1er avril 1598, son cousin Georges de Monchy, Chevalier, Seigneur d’Hocquincourt, dont :

Charles de Monchy, Chevalier, Marquis d’Hocquincourt, Maréchal de France, Grand-Prévôt de l’Hôtel du Roi, Gouverneur de Péronne, de Montdidier et de Roye, relief du 7 août 1649, tué devant Dunkerque, le 13 juin 1658, dans les rangs espagnols. Marié le 7 novembre 1628, à Eléonore d’Estampes-Valançay.

Georges de Monchy, fils aîné des précédents, paye relief le 18 juillet 1659, Marquis d’Hocquincourt, Lieutenant-Général des Armées du Roi, Chevalier de ses ordres, Gouverneur de Péronne. Allié en 1660 à Marie Molé, d’où :

Charles de Monchy, Marquis d’Hocquincourt, Gouverneur de Péronne, tué à la bataille de la Boyne, le 1er juillet 1690, à pour héritier son frère :

Jean-Georges de Monchy, Marquis d’Hocquincourt, Gouverneur de Péronne, tué auprès de Huy, le 27 août 1692. Il lègue à sa sœur :

Marie Madeleine Thérèse Geneviève de Monchy d’Hocquincourt, femme d’Antoine de Pas, Marquis de Feuquières, Lieutenant-Général des Armées du Roi, Gouverneur de Verdun, relief du 21 janvier 1711.

Le 16 juillet 1712, par contrat passé à Paris chez Dutartre, Notaire, Marie Madeleine Thérèse Geneviève de Monchy d’Hocquincourt, veuve d’Antoine de Pas, vend à M. Philippe Becquin, Juge-Présidial au Comté et Sénéchaussée de Ponthieu, et Marie-Marguerite du Val son épouse : « ...les seigneuries de Nampont-St-Martin, Nempont-St-Firmin, Epit, Noyelle, vicomté de Flexicourt, Vercourt et autres fiefs scituez esdits lieux, villages de Montigny, Colinne, Tigny, Verton, Héron et autres villages circonvoisins, consistant lesd. terres, seigneuries et fiefs en un château, bastiment, prez, bois, terres labourables, marets, droits de pêche, moulins à vent, foire et marchez, censives tant en argent, grains, volailles et corvées qu’autres espèces, justice haute, moyenne et basse, droits honorifiques dans les églises de Nampon-St-Martin, Nampon-St-Firmin et Vercourt, droits de reliefs, lots et vente et autres portez par la coutume des lieux où lesd. terres, fiefs et seigneuries sont scituez ; la ferme du Ménage, enclos et domaine en dépendans, avec les redevances, tant en argent qu’en grains deus par les seigneurs de Preure et Thiembronne, abbayes de St-Sauve, Dommartin et Nouvilliers [Longvilliers], actions rescindans et rescisoires, et généralement tout ce qui appartient à lad. Dame marquise de Feuquières… dans les villages et terroirs cy dessus nommez et autres circonvoisins, tant en fiefs que rotures... »; appartenant à la marquise comme héritière par bénéfice d’inventaire de son père Georges de Monchy d’Hocquincourt, Chevalier des ordres du Roi, Gouverneur de Péronne, et héritière pure et simple de son frère Jean-Georges de Monchy, Marquis d’Hocquincourt. Lesdites terres, seigneuries et fiefs relevaient du Roi, de la Seigneurie de Nouvion, de la Baronnie de Bellebrune, Abbaye de Saint-Sauve, Seigneurie de Merlimont « ...et autres s’il s’en trouve... ». Le prix de vente était de 43 000 livres, francs deniers, dont voici la ventilation : « ..31 000 livres pour les fiefs et sgries relevant de Nouvion, concistans en château, ferme du Ménage, bois, terres labourables, prez, pastures,, terres, moulin, censives et autres droits, compris le marais de Marichon ; 6 250 livres pour les fiefs de Nampon-St-Martin, Nampon-St-Firmin et vicomté de Flexicourt, relevant du Roy à cause du bailliage de Waben, consistant en censives, moulins, neuf mesures de terre, prez et marais ; 1 800 livres pour deux fiefs scis au village de Noyelle, qui font le corps de la seigneurie dud. Lieu, et un autre fief faisant partie de la sgrie d’Epie, consistant en censives, prez et marais ; 600 livres pour les fiefs qui font l’autre partie de la sgrie d’Epie relevant du fief de Tancarville, et autre fiefs et choses qui peuvent relever dud. Fief de Tancarville à Maintenay ; 1 400 livres pour 21 septiers de grains tiercés deubs par l’abbaye de Dommartin, relevant de la [baronnie] de Merlimont ; 250 livres pour la seigneurie de Vercourt, relevant de la sgrie de Nampon-St-Martin, mouvant de Nouvian ; et 1 700 livres pour les autres redevances, tant en grains que en argent... ».

Philippe Becquin, Ecuyer, Lieutenant-Criminel en la Sénéchaussée de Ponthieu, Seigneur de Beauvillers, relief du 17 septembre 1712, allié à Marguerite Marie Duval. Après lui, Nampont passa à son fils Philippe Becquin, relief du 25 février 1728, puis à Charles Philippe Becquin, fils de ce dernier, Chevalier, Seigneur des deux Nampont, Vercourt, Epy, relief du 13 juillet 1765, sa femme, Elizabeth-Marguerite, leur fille, héritière d’un frère mort sans enfants, Dame de Nempont, fut alliée à Charles-François du Maisniel, Seigneur de Belleval.

Charles Philippe était mort sans alliance, sa succession échut à sa sœur, Marguerite Becquin, Dame des deux Nampont, alliée le 30 septembre 1764 à Charles-François du Maisniel, Chevalier, Seigneur d’Omattre et de Belval. Leurs descendants ont possédé cette terre jusqu’en 1900. M. Hubert de Bertoult l’a vendue à M. Waymel, qui a restauré avec goût le vieux château.

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