Des Origines au Temps de la Chrétieneté

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A la période de la Tène Moyenne et Finale, se multiplient les petits carrés fossoyés entourant les inhumations ou les incinérations. Les survols en ont révélé un peu partout en France, tant dans les vallées que sur les plateaux. Les photographies aériennes témoignent de la présence de ces fosses.

Les premiers habitants du Marquenterre furent très probablement des Gaulois de la famille, où à peu près des Morins qui s’établirent plus tard dans le Nord de la France, mais aussi, d’après les témoignages combinés de Diodore de Sicile, de César et de Polybe cités par Strabon, une colonie massilienne ayant occupée, pendant plusieurs siècles, un des points de la côte septentrionale de la Gaule, on est fondé à croire que l’embouchure de la Somme, et surtout la rive droite de cette rivière, la terre de Quend, fut l’assiette de cette station commerciale des Grecs de Marseille. Après les Marseillais, vinrent les Romains et les Gallo-Romains, puis les Francs et les Barbares du Nord, etc.

Nampont possède sur son territoire des petites substructions gallo-romaines au Plouy, des substructions gallo-romaines entre la Plaine de Nampont et la Plaine du Moulin, un cercle au Cross-Rier, une grande villa gallo-romaine à la Plaine de Flixecourt et un cimetière mérovingien mais aussi un enclos et des substructions antiques d'une villa gallo-romaine. Les prospections et les fouilles de ces dernières années dans le Ponthieu ont permis la localisation de nouvelles nécropoles anciennes et la réunion d’une importante documentation archéologique.

A l'entrée du village de Nampont, au lieu-dit la Cavéette, des fouilles de sauvetage effectuées en 1970 sauvèrent 4 sépultures de la fin du VIème siècle, début du VIIème, restes d'une importante nécropole mérovingienne. Elles permirent de connaître le mode d'inhumation : sépultures en terre libre, orientées Est-Ouest, pieds à l'Est, fosses creusées dans la craie où des rognons de silex encadraient les corps couchés sur le dos.

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Sur le territoire de Nempont, on peut découvrir de grands enclos rectangulaires entre la Fosse des Grands Manteaux et le Blanc-Mont, une grande ferme indigène de plan exceptionnellement régulier entre le Blanc-Mont et les Riez et un enclos irrégulier entre le Riez et le Fond de Lépine. A l’extérieur, on distingue un enclos quadrangulaire isolé, probablement funéraire, qui correspond sans doute à la tombe aristocratique du maître du domaine. Les fouilles montrent que, comme pour les cercles, les enclos carrés entouraient souvent des tumulus funéraires. Les petits carrés, plus ou moins réguliers, ont de 4 à 5m de côté, les plus grands, souvent moins réguliers, ont de 8 à 15m et parfois même 20m de côté.

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Le village de Nempont est issu d’un point de passage sur l’Authie. Une agglomération serait née autour d’un oratoire fondé par Saint-Firmin en l'an 346. Deux sites de peuplement, Nampont et Nempont, se sont fixés de part et d’autre du gué permettant de franchir l’Authie.

En janvier 858, les Normands se dirigent sur l’Abbaye de Fontenelle. A peine les derniers gardiens cheminaient-ils vers les provinces du Nord avec les corps de Saint-Wandrille et de Saint-Ansbert, jadis leurs abbés, que les pirates s’abattirent sur l’abbaye et la détruisirent de fond en comble. Le Couvent de Fontenelle possédait dans le Ponthieu et le Boulonnais plusieurs métairies dont il tirait jadis de nombreux et abondants produits. Les religieux trouvèrent tout naturellement abri et subsistance dans ces hameaux. Le cortège arrive sur les bords de l’Authie et franchit la rivière sur un pont, en un lieu nommé « Mittispons ». Il y est accueilli par la population et par les moines de Fontenelle qui avaient abandonné les premiers le monastère et s’étaient réfugiés dans une propriété de Saint-Wandrille, appelée Bladulfi Villa (Bloville hameau de Boisjean). Ils y reçurent alors les reliques au milieu des louanges à la gloire du Seigneur et les fidèles plantèrent une croix de bois à l’endroit même où ils avaient été déposés. Il n’y avait pas d’autre endroit pour traverser la rivière, le gué d’Authie étant trop rapproché de l’estuaire pour qu’il ait été fréquenté par les voyageurs, et nul autre passage favorable n’existant à partir de Douriez.

Aux Xème et XIème siècles, le pont de Nempont, dernier passage sur l’Authie avant la mer, faisait partie des concessions du Roi Robert le Pieux, envers le Monastère Saint-Lucien de Beauvais.

Nempont semble occuper une position routière très importante vers « Quentovic ». Par un acte de 1002, le fils d’Hugues Capet, accorde aux moines de l’Abbaye Saint-Lucien de Beauvais, le libre passage de leurs charrettes et de leurs bêtes de somme au travers de Nempont et la libre circulation depuis cet endroit jusqu’au « castrum » de Montreuil. Cette exemption du tonlieu de Nempont ainsi que son adjonction, seront renouvelées en 1060 à cette abbaye lors de la première année du règne du Roi Philippe 1er. Le travers de Nempont relevait donc du roi, vraisemblablement depuis que Hugues Capet possédait Montreuil et qu'il avait installé son gendre au « castrum » d’Abbeville. Son rôle sur le plan économique, vis-à-vis du Ponthieu, devait être très important tant après l’an mil qu’avant. Il permettait en venant de la région d’Abbeville, de Normandie ou de l’Oise, de gagner les environs de Montreuil et de cette cité, donc le Boulonnais.

Le Marquenterre a été anciennement presque entièrement couvert d’eau, la mer, que n’arrêtait encore aucune digue, le couvrait deux fois par jour et transformait les lieux bas en bâches salées, les rivières s’y répandaient sans obstacles, la Somme rencontrait alors la mer à Noyelles et l’Authie la rencontrait à Fresne et à Villers. Il serait difficile de fixer l’époque où les premiers travaux de digue furent faits pour combattre et repousser la mer.

Très probablement, et si haut que l’on s’enfonce dans l’histoire, à moins de remonter aux temps inconnus où le pays fut peuplé, les habitants luttèrent toujours quelque peu contre l’envahissement des eaux. Une levée de terre, des claies préservèrent quelque culture sur les atterrissements, l’habitation, le village se défendaient ainsi. La mer montait jusqu’au début du XVIIIème siècle aux abords de Nampont. Elle amenait des navires dans le port qu’elle avait formé. Ainsi, il est possible d’en retrouver les traces grâce aux nombreux fossiles de coquillages laissés par la mer dans les couches crayeuses du sous-sol.

En juillet 1123, l’autel de Nempont « Nempont Ultra Aquam » fut confirmé à l’abbé de Saint-Josse-sur-Mer par l’Evêque Ingelran.

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